LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE

1 - Le gaspillage alimentaire en quelques chiffres : 

 

Le gaspillage alimentaire correspond à :

« toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée, dégradée ».

10 millions de tonnes 

C'est le poids annuel du gaspillage alimentaire estimé chaque année en France.

Ce gâchis a lieu à tous les étages, de la production à la consommation, en passant par la transformation, la distribution et la restauration.

Au niveau mondial, jusqu’à 50% de la production alimentaire est gaspillée, perdue ou jetée entre le champ et l’assiette.

 

 

2 - Quels sont les impacts de ce gaspillage ?

  • Environnement :

Le gaspillage alimentaire a des impacts très néfastes sur l’environnement.

Il y a d’abord un gaspillage de ressources naturelles : eau, surface agricoles

Mais aussi des pollutions liées à la production des aliments : utilisation de pesticides, engrais chimiques… et à leur destruction.

Daprès l’ADEME, l’empreinte carbone annuelle du gaspillage alimentaire serait de près de 15,5 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an en France. Ce qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on sait que l’alimentation représente à elle seule 36% des émissions nationales de gaz à effet de serre.

 

  • Social :

Aujourd’hui, 1 personne sur 9 souffre de sous-alimentation dans le monde soit, 795 millions d'individus. Et si ce fléau touche principalement les pays en développement, il n’en demeure pas moins une problématique dans nos pays industrialisés.

Cela semble irréel, mais après avoir comparé les chiffres du gaspillage et ceux de la sous-alimentation dans le monde, on se rend compte que nous pouvons tout à fait nourrir ces personnes.

Malheureusement, les problèmes de répartition des ressources, du gâchis alimentaire et les conditions géopolitiques font que la sous-alimentation tend à persister malgré les efforts mis en place.

 

  • Economique : 

Jeter des aliments, c'est aussi jeter de l'argent.

Chaque acteur tend à reporter les coûts économiques de ce gaspillage dans sa vente, ce qui se traduit au final par une hausse des prix alimentaires et c'est le consommateur qui paye cette facture salée...

Selon la FAO, les conséquences économiques directes du gaspillage de produits agricoles sont estimées à 750 milliards de dollars par an dans le monde, soit l'équivalent du tiers de notre PIB national.

En France, le coût du gaspillage de denrées, du champ à la poubelle, représenterait 16 milliards d’euros annuels, daprès l’ADEME :

= 240€ par an et par personne si l’on rapporte ce chiffre à l’ensemble de la population française.

 

3. Mais alors, quelles sont les solutions ?

Le mouvement associatif France Nature Environnement accompagne de multiples acteurs dans une meilleure compréhension de ce gâchis et la mise en place d'actions pour le réduire. Les raisons de ce gaspillage sont différentes mais les méthodes pour y remédier sont les mêmes. Voici ce que le mouvement associatif propose :

 

1ère phase : la mobilisation. L'adhésion et l'implication des acteurs concernés est en effet un ingrédient indispensable à la réussite d'une démarche de réduction du gaspillage alimentaire.

 

2ème phase : l'observation. Observer finement ses pratiques et peser le gaspillage à chaque étape permet dans un premier temps de mieux comprendre les sources de gaspillages et leur ampleur.

 

3ème phase : les solutions. Les principaux postes et raisons étant identifiés dans la phase d'observation, les acteurs imaginent et mettent en place des solutions adaptées à leur façon de gaspiller.

 

4ème phase : calculer et recommencer. Nouvelles pesées, nouvelles mesuresles solutions mises en place permettent d'évaluer ses progrès. Le tout est de ne pas s'arrêter là mais de suivre et d’adapter sa démarche au fil du temps.

 

Que dire ? qu'il est plus qu'urgent que tout le monde se sente responsable de cet immense gâchis, du particulier à la grande enseigne qui ne devrait pas avoir le droit de jeter.

Des associations éduquent en ce moment des directeurs de supermarchés pour éviter de jeter.  Le premier argument est de taille : tout ce qu'ils donnent est un DON, ils peuvent donc déduire fiscalement de leur bilan.

Du coup, ce qui pouvait leur coûter en recyclage, leur fait maintenant gagner de l'argent.  

Mais si peu le savent, c'est pourtant une évidence pour des patrons qui sont censés connaître les chiffres et les lois, surtout quand ça tourne à leur profit.

Comme quoi, rien n'est jamais acquis.

Alors, sensibilisez tous ceux qui vous connaissez autour de vous.

 

E. Rodrigues